Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 10:18
14/01/09:
Aujourd'hui c'est repos, il fait très beau mais le vent souffle assez fort ce matin. Vers 9 heures je me décide enfin à sortir de la tente pour aller voir si Vincent et Jean-Luc sont partis pour une nouvelle tentative. Leur tente est vide, courageux les petits gars car ça souffle fort ce matin, plus fort qu' hier je pense.
On va passer toute la journée au camp à attendre le retour des "summiters". En début d'après-midi Jean-luc est de retour le sommet dans la poche. Il confirme mes sensations, il y a beaucoup de vent aujourd'hui. Il a fait la majeure partie de l'ascension seul. Comme Vincent avait un rythme trop lent, il est parti seul vers le sommet à son propre rythme car c'est très fatiguant de ne pas marcher à son allure en montagne surtout quand les conditions sont très dures comme à l'Aconcagua (dès que vous vous arrêtez vous avez froid). En descendant du sommet il a croisé Vincent au pied de la Canaleta, il était très fatigué mais il n'avait pas perdu sa motivation. 
On va donc attendre Vincent quelques heures et le voir avec un grand soulagement arrivé très fatigué en milieu d'après-midi. Il va nous avouer être arrivé à bout de forces, à la limite de l'évanouissement au sommet.
Dans la foulée nous  appelons Julie pour lui annoncer la victoire de Vincent et Jean-Luc. Ensuite, ils appellent leur famille  pour les rassurer.



15/01/09:
Ce matin encore pas mal de vent et un grand soleil. Fred est très fatigué et ne veux pas traverser sur Plaza de Mulas pour descendre, il veut redescendre par là ou l'on est monté. Ne voulant pas le laisser seul, je me résigne donc a descendre avec lui alors que Jean-Luc et Vincent feront la traversée vers Plaza De Mulas.
La descente sera très difficile car on est très lourdement chargés, (35kg) chacun. Nous arriverons très fatigués en milieu d'après-midi à Plaza Argentina.
Dans l'après-midi nous arrangerons la suite de la descente avec notre muletier de la montée. On doit repartir le lendemain et descendre jusqu'à Pampa De Lenas. Quand on demandera à notre muletier des sacs pour mettre nos affaires sur la mule, celui-ci ne nous propose que des sacs poubelles et nous dira de nous débrouillez !!!!! 
Ce mauvais accueil du muletier vient du fait de notre refus de payer la tente mess que l'on a utilisées lors de notre montée, car celui-ci ne nous avait pas dit que ce service était payant et si on l'avait su on ne l'aurait pas prise.
On est quand même très déçu de ce comportement, vu l'argent qu'on lui a donné entre le transport à la montée, la descente et les repas que l'on a pris chez lui.
Heureusement les gardes du parc nous donnerons quelques sacs utilisés habituellement pour le transport des poubelles.

Fred dans le début de la descente.
Fred coincé dans les pénitents sous le camp I.

Un vrai sapin de Noël, ça pend de tous les cotés.

16/01/09:
Longue, très longue, très très longue journée. Départ vers 9h30 - 10h, j'arriverai vers 18h au camp, Fred lui arrivera 2h plus tard. Cette journée commence plutôt bien, il fait beau, pas de vent, on retrouve avec plaisir la marche avec un sac presque vide (on a pas pu mettre tout notre matériel sur la mule car on avait pas assez de sac). Jusqu'à Casa De Piedra, tout se passe bien, on est content de descendre et de retrouver la chaleur. La suite va devenir plus pénible; il fait très chaud, le sentier est complètement défoncé par les mules, on a plus d'eau et aucune source n'est en vue. Fred est à la traîne, j'en ai un peu mare de l'attendre, je décide donc de filer pour en finir le plus vite possible. J'arrive au camp vers 18h et monte la tente en attendant Fred. Il arrivera au camp vers 20h.
Ce soir on va manger des lyophilisés car c'est tout ce qu'il nous reste.
Un dernier regard sur l'Aconcagua.

Traversée de rivière moins froide qu'à la montée.

17/01/09:
Départ vers 8h, il fait beau, pas trop de vent. C'est la dernière ligne droite, on a hâte que ça se finisse. Comme hier le sentier est complètement défoncé par les aller-retour incessants des mules. J'attends qu'une seule chose, appercevoir au détour d'un virage les quelques peupliers qui marquent la fin de la vallée. C'est chose faite en fin de matinée, nous arrivons en bas de la vallée. Nous voyons passer le bus de Vincent et Jean-Luc qui seront à Mendoza ce soir. Je vais prévenir le muletier de notre arrivée dans une petite boutique un peut plus loin. Une demi-heure plus tard un mini-bus vient nous chercher, on passe récupérer les sacs laissés chez le muletier puis direction notre auberge.
Après un déjeuner moyen, c'est avec un immense plaisir que l'on va se décrasser avec un bonne et longue douche chaude. Dans l'après-midi on nous livre les sacs descendus par les mules. On va passer le reste de l'après-midi entre repos, préparation des sacs pour demain et petite ballade au Punta Del Inca.
Le lendemain on retrouvera Jean-Luc et Vincent à Mendoza.

C'est fini.



Par Ceux d'en haut
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 09:07


13/01/09

Dès 3h30, ma montre sonne. Dehors le vent souffle encore assez fort, je tends l'oreille pour voir si les voisins (gros groupe de Québécois encadré par trois guides) bougent ou pas. Pas un bruit, à part le vent. Que fait-on? On y va ou pas? Allez, si on le veut ce sommet il va falloir ce bouger le "cul". 
Fred ne dort pas et se pose les mêmes questions que moi. On échange quelques mots et la décision est prise, on y va.

Maintenant le plus dur c'est de se lever. Dans le duvet c'est un joyeux bordel. Pour avoir de l'eau ce matin j'ai dormi avec une gourde souple de 2 litres et une bouteille de 1,5 litre d'eau. En plus de tout cela on trouve des vêtements, des piles et batteries (appareil photo et téléphone), lecteur MP3 ....
Heureusement ce matin il n'y a ni glace, ni neige dans la tente et il ne fait pas "très" froid non plus (environs -10°C). Pour aller plus vite ce matin, j'ai dormi cette nuit avec un partie des vêtements (tee-shirt manches longues et caleçon long) que je vais mettre aujourd'hui. En plus je vais mettre un caleçon en polaire et un pantalon Gore-Tex pour le bas, une polaire fine, une Soft-Shell et une veste Gore-Tex pour le haut. Pour les pieds une grosse paire de chaussette grand froid et mes chaussures Millet Everest. Pour les mains, une paire de sous-gant et une paire de mouffle. Sur la tête je mets une cagoule en polaire, la frontale et la capuche de la veste. Une fois le soleil arrivé je metterai un masque de ski.

Le petit déjeuner a beaucoup de mal a passer ce matin et on est tous les deux à la limite de voir tout ressortir. On prépare chacun notre thermos et nos vivres de course. Avant de partir je passe un coup de téléphone à Pascal pour avoir les dernières prévisions météo. Il me confirme les prévisions d'hier soir, beau avec un vent de 40 km/h et nous souhaite bonne chance.

Vers 5h on sort de la tente, on a la surprise de croiser Vincent qui revient malade à sa tente. Il a été malade toute la nuit et ce matin il a accompagné Jean-Luc au pied du glacier avant de faire demi tour. Jean-Luc lui continu.
Les Québécois sont  devant nous, on les suit tranquillement pendant 20 minutes mais il monte vraiment trop lentement pour moi. A la faveur d'une pose, je les dépasse en conseillant a Fred de rester tranquillement avec eux et m'en vais seul vers le sommet.

Le début de l'ascension est constitué d'une longue traversée ascendente qui permet de rejoindre la voie normale vers 6200 m. Je vais mettre à peu près 2h pour faire cette traversée. Arrivé au croisement de la voie normale, le soleil m'a rejoint, je fais une pose pour boire et manger une barre de céréales. Pour le moment, le vent n'est pas trop fort car la voie est protégée du vent d'ouest. Plus bas je vois Fred une cinquantaine de mètre devant le groupe de Québécois, mais trop loin pour que je l'attende. Sur la voie normale il y a juste un Suisse et son guide qui arrivent.

Je repars lentement en direction d'Independencia (ancien "refuge" à moitier détruit) par la voie normale qui est beaucoup mieux marqué que la sente de la traversée où il me fallait tracer dans 10 cm de neige transportée par le vent.  Un peu avant d'arriver à Indépendencia (6500m), petite frayeur, je m'aperçois que j'ai trois doigts de la main droite qui sont en train de geler. Une pause sur le replat du "refuge" s'impose, il va me falloir au moins 1/4 d'heure pour réussir a retrouver des sensations dans mes doigts. Je suis rejoint par le Suisse et son guide.  Au-dessus d'Indépendencia, il faut passer la crête qui nous protégeait du vent d'ouest pour ensuite faire une grande traversée ascendente pour gagner le pied de la cannaletta (couloir pierreux qui permet d'accéder au sommet). Une fois passé la crête je me retrouve exposé à un fort vent chargé de neige qui remonte un énorme pierrier en bas duquel se trouve le camp de base de la voie normale (Plaza de Mulas) 2300 m plus bas. En plus du vent et de la neige, je passe à l'ombre de l'Aconcagua.

Cette traversée vas être terrible a cause du froid et du vent, j'ai en point de mire le pied de la canaletta qui est au soleil. Un obélisque rocheux m'offrira un bref abri le temps d'une courte pose en début de traversée. Ensuite je vais serrer les dents jusqu'au soleil. Arrivé au soleil, une nouvelle pause s'impose car j'ai de nouveau les doigts qui gèlent. J'en profite pour mettre ma doudoune en duvet (que j'avais dans le sac à dos) sous ma veste Gore-Tex car j'ai vraiment trop froid, je mets aussi mes crampons car la trace se redresse et ce n'est pas le moment de glisser. Je bois quelques gorgés d'eau, me casse les dents sur une barre de céréales congelées et c'est reparti.
En bas de la canaletta il me reste un peu moins de 300 m pour atteindre le sommet qui parrait tout proche. Je croise deux personnes qui descendent du sommet a qui je pose la question habituelle dans ce cas:
- Il est encore loin le sommet ?
- Au moins deux bonnes heures.

Sur le coup, leur réponse va me casser le moral. Mais rapidement je vais me dire: ce doit être des mauvais, moi je vais torcher ça en une petite heure !!!!!  Et bien non, cette montée va être interminable. Elle mérite bien son horrible réputation, c'est bien le passage le plus dure physiquement et psycologiquement car on à l'impression de ne pas avancer, le sommet est toujours aussi loin et j'avais l'impression que je n'y arriverai jamais.  Après avoir fait des pauses de 10 secondes tous les 5-6 pas je finis par arriver au sommet à 11h30. Il n'y a pas trop de vent et le soleil brille dans un ciel bleu azur. Quel soulagement d'être enfin parvenu sur ce sommet tant convoité. A ce moment mes premières pensées vont à trois personnes (Pato, Susan et Rodrigo) trois Chiliens qui m'ont sauvé la vie il y a quelques années alors que je faisais un oeudème cérébral à 5000 m sur un sommet d'acclimatation avant de rejoindre Fred à Santiago pour venir faire l'Aconcagua.

Rapidement la dure réalité de la haute montagne me tire de mon euphorie. Quelques mètres sous le sommet un sac à attiré mon attention durant la montée, je m'approche pour voir ce que fout ce sac là. Mauvaise surprise, du sac sort deux jambes. Je l'apprendrai plus tard par Julie, c'est le corp d'un Anglais décédé quelques jours plus tôt d'un malaise cardiaque dès son arrivée au sommet  et laissé là par ses compagnons.  Des gardes du parc ont redescendu son corp quelques jours plus tard. Du coup, je n'ai plus qu'une chose en tête "dépêche-toi de foutre le camp d'ici si tu ne veux pas finir toi aussi dans un sac".  Le temps de faire quelques photos avec la petite croix marquant le sommet, d'admirer le paysage sur 360°, de boire un coup et je suis reparti. Je suis resté tout de même 1/2 heure au sommet. Je vais redescendre tranquillement la Canaletta en bas de laquelle je retrouve le groupe de Québécois qui à bien diminué. L'un des guides m'annonce que Fred à fait demi tour à Indépendencia. On discute un moment ensemble pendant que je fais une nouvelle pause pour enlever la doudoune et la Gore-Tex. Je reprends ma descente en croisant quelques groupes montant à l'assaut de la montagne. La descente va être très longue, surtout la traversée entre la voie normale et le camp II.

J'arrive au camp vers 15h, heureux de retrouver tout le monde en pleine forme, surtout Jean-Luc que j'espérais croiser dans la montée de la Canaletta, espérant  surtout qu'il ne lui soit rien arrivé. Je suis tout de même bien "cassé" par cette éprouvante journée et il va me falloir un petit moment de récupération vautré dans l'entrée de la tente avant d'enlever mes chaussures et le pantalon Gore-Tex.  Dans l'après midi on appelle Julie pour lui raconter la journée et j'appelle mes parents que je sais très inquiets de me savoir là-haut pour les rassurer et leur annoncer mon succès.  Je vais passer le reste de la journée a me reposer et a raconter ma journée aux autres. Fred est un peu deçu de ne pas être aller au sommet, mais il a fait de son mieux et à tout de même battu son record d'altitude. De tout façon mon succès est aussi le sien car nous avons passé ensemble pas mal de temps pour préparer cette expé depuis près d'un an.

Demain Vincent et Jean-Luc remettent ça par la voie normale. 

Prévision météo pour le jour de l'ascension.

Levé de soleil dans le milieu de la grande traversée permettant de rejoindre la voie normale.

Paysage vers le nord, a l'horizon le Mercedario (6770m)
La grande traversée au dessus du camp II, on rejoint la voie normale un peu avant le crête.
Autoportrait.
La grande traversé au dessus d'Indépendencia et qui permet de rejoindre le pied de la Canaleta.
Haut de la Canaleta, le sommet au centre n'est plus très loin (1/2 heure).

Enfin au sommet, près de la petite croix marquant le sommet.

Au sommet.
Merci à notre principal sponsor BOUYGUES IMMOBILIER.
Le haut de la très raide et impressionante face sud de l'Aconcagua.
Haut de la canaleta, en bas le replat du camp de base de la voie normale: Plaza de Mulas.
Vue vers le nord depuis le sommet.
Plateau sommitale et vue vers le sud.
Moi en bas de la Canaleta lors de la descente.
La grande traversée menant au pied de la Canaleta vu du bas.
Indépendencia (6500m).
Retour de sommet, je suis mort !!!!
Fred annonce la bonne nouvelle à Julie, au second plan Jean-Luc.
Par Ceux d'en haut
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 17:11

09/01/09:
Ce matin comme d'habitude il fait très beau. Comme nous avons prévu de faire notre premier portage au camp II, nous nous levons à 7h et partons à 9h20.
Le début est assez raide, Jean-Luc et Vincent font la trace dans la neige tombée la veille. Je les suis de près, Fred quant a lui est rapidement distancé.
Après quelques lacets un peu moins pentus, nous arrivons au col de l'Ameghino. La suite se raidie de nouveau jusqu'à une grande traversée ascendante qui permet d'accéder à une crête derrière laquelle se trouve le camp II.
Celui-ci se trouve au pied du Glacier des Polonais à 5850 m d'altitude. Nous arrivons à 13h30 alors que le sommet est déjà dans les nuages. Nous y montons la petite tente de Jean-Luc dans laquelle nous déversons le contenu de nos sacs.
Après quelques photos et un bon pique-nique constitué de jambon de montagne que nous avons emmené de France (attention c'est interdit) de pain et de fromage (acheté à Mendoza), nous attaquons la descente vers le camp I à 15h. On y arrivera vers 16H30 bien fatigué par notre portage.

Montée vers le col de l'Ameghino dans la neige.

Col de l'Ameghino (5380m) et au second plan l'Ameghino.
Vincent et Jean-Luc (gros sac rouge) dans les pentes au dessus du col.
Grande traversée qui permet d'accéder au camp II (5850m) derrière la crête.

La petite tente (dépôt de matériel) est montée au camp II.

10/01/09:
Aujourd'hui c'est une nouvelle journée d'acclimatation et de repos. On commence à avoir nos petites habitudes maintenant, on passe la journée à discuter, lire, écouter de la musique, manger, dormir ..... . Moi qui redoutais ces journées à ne rien faire, finalement je ne m'ennuie pas et commence même à apprécier ces journées d'acclimatation.


Tente au camp I.

Vue sur le grand replat entre le camp I et le camp de base.

11/01/09:
Ce matin lever à 7h15, après notre petit déjeuner habituel on démonte les tentes car nous changeons de "camping" et allons nous installer au camp II. Quelques secondes d'inattention et Fred et moi voyons notre tente s'envoler, traverser le camp et plonger dans la très raide pente sous le camp. Nous courrons à sa poursuite et avons la chance qu'elle s'accroche à un rocher une dizaine de mètres plus bas me laissant juste le temps de la saisir avant qu'elle ne poursuive sa descente. Plus de peur que de mal, on s'en tire avec une belle frayeur et quelques petits trous dans la toile. 
Nous partons un peu après 9h, comme hier Vincent et Jean-Luc font la marche en tête. Je les suis de prêt  et Fred ferme la marche.
Ce matin il fait très beau mais un fort vent fait considérablement baisser la température. Nous arrivons au camp II vers 13h et montons rapidement les tentes pour nous mettre à l'abri du vent qui forci régulièrement.
Fred quand à lui arrivera tranquillement vers 15h, fatigué et heureux d'en finir avec cette éprouvante journée.
Pas très loin des tentes il y a un petit lac gelé ou l'on puise de l'eau au fond d'un trou de glace entretenu tout au long de la journée (a grand coup de piolet) par les alpinistes venant s'approvisionner.
Le vent forci encore en fin d'après midi, le sommet se voile et il se met à neiger. Le vent va ainsi souffler toute la nuit avec régulièrement des rafales très violentes qui viennent secouer nos tentes. Mais nous sommes sereins, nous sommes bien acclimater et nous avons de très bonne tente, de la nourriture à profusion ce qui nous permet d'attendre quelques jours pour un bon créneau météo pour tenter le sommet.
Le problème avec ce vent c'est qu'il charrie de grande quantité de neige qui rentre partout dans l'auvent de la tente et même réussi à passer au travers des fermetures éclairs et à rentrer dans la tente intérieure. Avec ce vent impossible d'utiliser le réchaud dans l'auvent de la tente et c'est avec beaucoup de précaution que nous faisons chauffer l'eau dans la tente.
Utiliser ainsi le réchaud dans la tente est très dangereux pour deux raisons : la première est l'intoxication au CO2 dégagé par la combustion du gaz, il nous faut donc ouvrir un peu les aérations malgré la neige pour que cela fasse un renouvelement d'air dans la tente, le second risque est de renverser le réchaud et de mettre le feu à la tente ce qui serait terrible vu les conditions qui règne à l'extérieur.
Nous mangerons ce soir pour la première fois de l'expé des lyophilisés. A 20h00 nous sommes tous bien au chaud dans nos duvets.

Jean-Luc au dessus du col de l'Ameghino.
Vincent et Jean-Luc.

Même dans la tente j'ai besoin des lunettes car la luminosité est importante.

Tempête de vent au camp II.

12/01/09:
Le vent à souffler toute la nuit et ce matin il est encore très fort. Il fait -14°C, la toile intérieure de la tente est couverte de givre et il neige dans la tente dès qu'on la touche. Le duvet est couvert de la glace qui s'est formé grâce à l'humidité que notre corps dégage durant la nuit et qui gèle à la surface du duvet au contact de l'air froid. Dans ces conditions le réveil est assez difficile et il me faudra pas mal de temps pour sortir du duvet.
Heureusement le soleil va rapidement venir nous réchauffer et faire monter la température dans la tente. Le problème c'est que maintenant le givre fond et il pleut dans la tente. Tout rentrera dans l'ordre au cour de la journée, le vent se calme, le soleil brille ce qui nous permet de tout sécher.
Après cette terrible nuit, personne ne partira du camp II ce matin pour tenter le sommet. En fin de mâtinée je pars faire un tour au pied du glacier pour voir de plus près les conditions de celui-ci. Par endroit je m'enfonce de 20cm dans la neige, il semble y avoir de grosse accumulation de neige sur certaine partie du glacier. Au retour à la tente ma décision est prise, je ne ferai pas de tentative par le glacier qui me semble trop dangereux. Demain je partirai avec Fred pour la Falso Polacos.
Ce midi comme le vent est bien tombé, nous faisons la cuisine dehors. Au menu, soupe, pâte au thon avec de la sauce tomate et une petite tisane ou un chocolat pour finir.
En fin d'après midi, on fait un petit briefing pour discuter de la journée de demain. Comme tous les soirs, on consulte les nombreux messages d'encouragement et les prévisions météo de Pascal sur le téléphone satellite. Les prévisions pour demain ont un peu changé, elles ne sont plus aussi bonnes qu'hier. Pascal nous annonce 30-40 km/h de vent pour demain, par contre pas de nuage. Je fais part aux autres de ma décision de partir avec Fred pour la Falso Polacos demain matin, Jean-luc et Vincent eux décident de faire une tentative par le glacier. On annonce tout cela à Julie (la femme de Fred) au court du compte rendu qu'on lui fait tous les deux jours pour quelle puisse alimenter le blog.
Après un bon repas de semoule de couscous, sardine au citron précédé d'une soupe et suivi de quelques grosses cuillières de dulche de leche, nous nous glissons dans nos duvets en pensant à la rude journée qui nous attend demain. 

Notre cuisine dans l'auvent de la tente.

Par Ceux d'en haut - Publié dans : Compte rendu de l'Expé
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 08:49


05/01/09: Pour profiter de l'absence de vent nous nous levons tôt et après un bon petit déjeuner, départ à 7h20 pour le premier portage au camp 1. Ce matin, comme d'habitude, il fait très beau et frais ce qui est bien agréable pour marcher. Dès le départ, le sentier bien marqué et pentu monte au-dessus du camp. C'est éprouvant car nous sommes assez lourdement chargés (entre 20kg et 25kg) et on nous n'avons pas trop eu le temps de nous chauffer. Rapidement le sentier va devenir plus chaotique et passera entre la montagne et le glacier à flan de moraine, avec des riques d'effondrement  par endroit.

Vers 4500m le sentier s'aplanit et devient plus tranquille avant la dernière pente finale où sur  la trace remonte par de bons lacets, une grande pente couverte de pénitents de glace.  Le camp 1 se trouve sur un replat en haut de cette pente. Dans le bas du camp coule un petit ruisseau ou l'on s'approvisionnera en eau. Vincent et Jean-Luc arrivent les premiers, suivis par Fred et moi un bon quart d'heure plus tard. J'ai mis 3h15 pour cette montée.
On monte la tente de Jean-Luc que l'on remplit avec le contenu de nos sacs. Pour ce premier portage on a monté toute la nourriture pour les prochains jours, en plus j'avais une corde, piolets, crampons, chaussure Everest (Millet), baudrier, ainsi que la férraille (mousquetons, broches....). Après une bonne heure de pause et de pique-nique on redescend au camp de base où l'on arrivera vers 13h30. Le programme du reste de la journée sera comme d'habitude; discussions, repos, lecture et sieste ...

Fred en pleine action.

Le replat intermédiaire et dans le fond le grand champ de pénitent au dessus du quel se trouve le camp.

Moi au milieu des pénitents de glace.

La pente finale couverte de pénitents de glace

Vincent et Jean-Luc dans les pénitents.

Descente rapide (1h30) au camp de base.

06/01/09: Aujourd'hui c'est jour de repos et d'acclimatation.  Nous attendons  l'arrivée du soleil pour nous lever et prendre le petit-déjeuner. Depuis hier,nous avons récupéré une tente messe pour nous seul dans laquelle on a installé notre cuisine. C'est grand luxe de pouvoir manger sur une table et  être assis sur des chaises à l'abri du vent et du soleil. Dans la matinée, nous retournons voir le médecin qui ne donne toujours pas son accord à Fred pour monter plus haut.  Le médecin lui a donné des médicaments et le rendez-vous est pris pour le lendemain. Durant la journée on commence à discuter des différentes stratégies pour la suite de la montée et décidons que dans l'éventualité où Fred n'a pas l'accord du médecin demain pour monter plus haut, nous resterons un jour supplémentaire au camp de base.

Grâce aux prévisions météo que nous envoi Pascal (un collègue de travail) tous les jours par SMS sur le téléphone satellite, nous essayons de caller notre montée de manière à arriver au camp II juste avant un bon créneau météo qui nous permettras de tenter le sommet.

Au niveau santé, Jean-Luc a chopé un rhume qu'il a refilé à Vincent. Pour Fred et moi tout va bien.
Dans l'après-midi le ciel va se couvrir et nous aurons droit a quelques centimètres de neige.  Ce soir il fait nettement plus froid dans la tente.

Le vent souffle fort là-haut et transporte pas mal de neige.

Le mauvais temps arrive, il commence à neiger.

En début de soirée ça se découvre et on a le droit a un joli coucher de soleil.

Les chutes de neige ont bien blanchi l'Ameghino et le camp de base.

07/01/09:  Au matin, la neige tombée hier après-midi est toujours présente au camp de base mais elle disparaîtra rapidement grâce au soleil qui brille dans un ciel cristallin. Quant au sommet  il est complètement enveloppé dans un nuage de neige qui, sous l'effet d'un fort vent de sud, remonte la face sud de la montagne pour se déposer sur le glacier des Polonais. Depuis notre arrivée au camp de base il y a déjà eu deux morts sur ce glacier (un Allemand et un Américain), ce qui alimente les discussions entre nous sur la voie par laquelle nous tenterons le sommet.


Ce matin Fred n'a toujours pas l'aval du médecin du camp pour aller plus haut bien que sa tension ait baissée. On verra  bien demain matin. Aujourd'hui c'est donc une nouvelle journée de repos. Après le petit -déjeuner, nous partons, Vincent et moi, pour une petite ballade de 2h30 en direction du col Ibanez. On va monter jusqu'à environ 4600m avant de redescendre, bloqué par un grand champ de pénitents de glace. On est de retour au camp pour le déjeuner.

Après le repas, grande discussion sur la suite de l'expé. Fred décide de monter au camp 1 demain et ce, même si le médecin ne lui donne pas son accord. On prépare donc les sacs de manière à pouvoir partir le plus tôt possible le lendemain matin. La suite ce sera comme d'habitude; toilette, lessive, lecture et sieste ....

Au levée du jour, le vent souffle au sommet et fait voler la neige tombée la veille.

Cela doit vraiment souffler très fort là-haut.

En direction du col Ibañez.

Col Ibañez, en arrière plan les séracs de la face sud.

Vincent dans les pénitents de glace.

Moi dans les pénitents.

08/01/09: Ce matin lever à 6h30. Après un bon petit -déjeuner, on remballe toutes nos affaires et on nettoie la tente mess que l'on a utilisé durant ces quelques jours passés au camp de base. Comme prévu, Fred retourne voir le médecin pendant que l'on finit le rangement. Il revient avec un grand sourire, cette fois-ci c'est bon, il a l'accord du médecin pour continuer. En fait ,même sans l'accord du médecin on peut quand même continuer, mais si jamais vous avez un problème au-dessus, et que vous devez être évacué,votre assurance peu refuser de prendre en charge l'évacuation et  celle-ci sera à votre charge. Lorsqu'on connaît le prix de l'heure d'hélicoptère, la note peut être très salée.

Départ à 9h30 du camp de base. Il fait beau et un peu frais à cause d'un petit vent qui remonte la vallée. Comme lors du premier portage, nous avons environ 25 kg sur le dos. Ce matin j'ai des fourmis dans les jambes et rien de mieux qu'une bonne montée "bourrin" pour s'en débarrasser. Je vais mettre 2h30 pour monter au camp 1, Vincent et Jean-Luc arriveronts une vingtaine de minutes plus tard et Fred 2h après. En attendant Fred on monte le camp rapidement car le ciel commence a se voiler. Puis avec Vincent je redescends pour aider Fred à monter jusqu'au camp. Vers 15h il commence à neiger. Tout va bien car nous sommes confortablement installés à l'abri dans nos tentes. Il neigerra à gros flocons pendant 1h30 couvrant les tentes et le sol de 5 à 10 cm de neige. Ce soir nous mangerons chacun dans nos tentes. Pour Fred et moi, se sera une petite soupe pour commencer suivi de semoule de coucous avec de sardines aux citrons avec une petite tisane et quelques cuillères de "dolce de leche" (confiture de lait) en dessert.

Départ de Plaza Argentina chargé comme une mule.

Neige au camp 1.

Fred bien joyeux malgré la tempête dehors.

Des québécois arrivent tard et montent leur tente dans la tempête.

Fin d'après midi, les nuages se sont éloignés laissant derrière eux un beau manteau blanc.

Vincent tente une sortie timide.


Paysage en direction du camp de base. Par- là aussi c'est bien blanc!
Par Gilles Salaün - Publié dans : Compte rendu de l'Expé
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:02

Après deux jours mouvementés à Mendoza dûs au retard de l'avion de Jean-Luc,  nous sommes enfin prêts à partir, le 30/12/2008, après avoir acheté les permis d'ascension, fait les courses au Carrefour de Mendoza et acheté l'essence et le gaz.

Départ de l'hôtel le 31/12/08 avec notre chargement de sac.

31/12/09   Au matin, nous prenons le bus pour Los Puquios où nous arriverons en début d'après midi. Le reste de la journée sera consacré à répartir le matériel et la nourriture dans les sacs que l'on mettra sur les mules et que nous récupérerons tous les soirs à chaque camp. Une fois les sacs terminés, le verdict de la balance tombe! Nous avons 180 kg de bagages à mettre sur les mules. En fin d'après-midi, nous nous rendons à l'hôtel de Punta Del Inca où nous passons la nuit. En attendant l'heure du repas (qui ne sera pas souvenir mémorable) nous allons nous ballader autour du village avant de prendre une dernière douche chaude. Y'a pas grand monde ce soir à l'hôtel pour un réveillon du nouvel an et ça s'annonce très très calme !!!

Punta Del Inca et son arche naturel.

La source à l'origine de l'arche et le village au second plan.

01/01/09 C'est le grand départ. Notre muletier vient nous chercher à l'hôtel vers 8h pour nous conduire à l'entrée de la vallée de Vacas (2400m). Il fait très beau et chaud ce matin, le début de la marche est très tranquille le long d'un petit canal sur un petit sentier sablonneux. Mais cela ne dure pas, rapidement nous nous retrouvons sur la piste caillouteuse et poussiéreuse que nous allons suivre pendant 3 jours jusqu'au camp de base. Vers midi nous trouverons un petit coin d'ombre pour pique-niquer. Vers 13h30 nous arrivons au camp de Pempa de Lenas (2950m), c'est l'entrée du parc de l'Aconcagua. Nous passons voir le garde du parc qui contrôle nos permis et nous enregistre. Nous allons passer le reste de l'après-midi à attendre les mules qui n'arriveront que vers 18h. Après le montage des tentes, nous préparons le repas du soir. Au menu de ce soir : une petite soupe pour commencer, suivi d'un bon cassoulet (emmené de France) puis comme on a très faim on se fait de la purée.
Vers 21h30 on est tous au lit.

Point de départ de l'expé à l'entrée de la Vallée de Vacas.

Le début de la marche bien tranquille le long du canal.

Vallée de Vacas.

Fred à la cuisine.

02/01/09
   Après le petit-déjeuner, on démonte le camp et on refait les sacs que l'on donne au muletier. Le matin nous préférons partir assez tôt pour profiter de la fraîcheur matinale et de l'absence de vent qui se lève en général en milieu de matinée. Après un quart d'heure de marche on traverse la rivière sur un pont métallique pour ensuite continuer à remonter cette interminable vallée jusqu'au camp de Casa De Piedra (3250m) ou l'on arrivera vers 14h. Juste avant le camp on aura notre première vue de l'Aconcagua. Comme hier, on va attendre les mules un bon moment. Bien qu'il y ait beaucoup de vent en fin d'après-midi, je profite du soleil pour faire une petite toilette dans le petit ruisseau qui coule près du camp. On a récupéré des chaises pliantes dans la "Casa de Piedra" ce qui nous permet de manger notre repas du soir assis.  Au menu: petit salé aux lentilles (emmené de France) qui sera suivi comme la veille d'une purée qui finira de remplir des estomacs affamés. Comme hier soir, il n'y a pas foule au camp. A part nous quatre, il y a un couple avec leur guide et un gars seul. Au niveau des tentes, nous avons  Fred et Vincent dans la tente 3 places (VE25 North Face), Jean-Luc dans sa petite tente 1 place et moi dans la tente 2 places (Montain25 de North Face).
Dans la soirée nous avons la visite d'un hélicoptère qui, on le saura le lendemain, est venu chercher les poubelles. Ils sont sympas les camions poubelles en Argentine !!!!.

Vallée de Vacas.

Première vision de l'Aconcagua avec la vallée pour y accéder.

Nos tentes au camp de Casa De Piedra.

Avec les chaises pliantes c'est grand luxe.

03/01/09  La routine du matin s'est installée; petit-déjeuner ensemble à l'extérieur (bientôt ce sera dans la tente et en binôme), démontage du camp et remballage des sacs que l'on donne au muletier avant de partir vers 8h. Ce matin pour commencer il faut traverser la rivière car nous devons remonter la gorge qui se trouve en face du camp de l'autre côté de la vallée. Malgré les conseils d'une personne croisée la veille qui nous avait dit d'attendre d'être au soleil avant de traverser la rivière, nous n'avons pas la patience d'attendre et nous y allons bien motivés. La rivière n'est pas très profonde (jusqu'au genoux) mais l'eau est terriblement froide, on ressort congelé, ne sentant plus nos pieds. On mettra un bon moment avant de se réchauffer. La suite du sentier se raidi nettement, nous remontons une jolie gorge en haut de laquelle, il faudra de nouveau traverser une rivière mais au soleil cette fois-ci. Ensuite la vallée s'élargie et s'aplanie de nouveau jusqu'au camp de base de Plaza Argentina (4200m) ,où nous arrivons vers 14h. On récupère nos sacs chez le muletier qui nous offre à boire, puis on part à la recherche de bons emplacements pour nos 3 tentes. En fin d'après-midi, nous allons nous enregistrer auprès des gardes du parc. Ce soir nous mangeons "au restaurant" chez notre muletier afin de varier notre alimentation et pour éviter la lassitude. Au menu: soupe, steack-frite et en dessert des fruits au sirop.

Fred dans la traversée du Rio Vacas.

Remontée de la Vallée de Relinchos au bout de laquelle se trouve le camp de base.

Le bas de la Vallée de Relinchos que l'on vient de parcourir.

Encore 1h30 de marche et on sera au camp de base.

Mules descendant de Plaza Argentina.


Jean-Luc et Vincent dans la tente mess de notre muletier.


04/01/09 Aujourd'hui c'est jour de repos, on se lève donc plus tard et prenons notre petit -déjeuner au soleil. Le menu du petit-déjeuner sera le même pendant toute l'expé. D'ailleurs c'est le seul repas qui à la longue nous lassera.  Au menu: un bol de céréales avec lait + chocolat suivi pour moi d'un café. Aujourd'hui le mot d'ordre est de ne rien faire de physique, se reposer pour permettre à notre corps de s'acclimater à l'altitude. L'autre grande consigne est de boire beaucoup car en plus d'éviter la déshydratation (qui est très rapide dans ce milieu très sec), favorise l'acclimatation. Durant toute l'expé je vais boire entre 4 et 5 litres d'eau par jour. Comme il est difficile de boire autant, surtout lorsqu'on ne fait rien de la journée, on a acheté une grande quantité de TANG (poudre qui permet de faire des jus de fruits) que l'on met dans l'eau et qui permet de boire avec plus de plaisir que si c'était simplement de l'eau. Durant la journée, nous rendons une visite au médecin permanent du camp afin d'obtenir sa "bénédiction" pour aller plus haut. Pas de problème pour Vincent, Jean-luc et moi. Par contre pour Fred il y a un souci. Le médecin trouve que sa tention est trop forte  et qu'il y a de l'eau dans ses poumons. Il ne lui donne pas son accord pour continuer.  Un rendez-vous est pris pour une nouvelle visite le lendemain.
Après discussion, nous décidons de modifier notre planning du départ et de faire notre premier portage dès le lendemain, histoire de ne pas perdre le rythme de marche des premiers jours. Nous allons donc passer une partie de l'après-midi à faire le tri du matériel et à préparer les sacs pour le lendemain matin.
Nous changeons aussi notre répartition dans les tentes car Jean-luc est un peu à l'étroit dans sa petite tente dans laquelle il se forme pas mal de condensation la nuit. On décide donc d'utiliser cette tente pour entreposer le matériel dans les différents camps. Il fera tente commune avec Vincent, dans la tente 2 places, Fred et moi aurons droit au palace avec la tente 3 places (c'est normal on est les plus grands ).
Nous occupons le reste de la journée en discutant, lisant, écoutant de la musique et en faisant la sieste pour certains.

Le camp de base de Plaza Argentina (4200m).

Le camp de base vu d'en-haut.

Vincent et Jeau-Luc dans leur tente.



Par Gilles Salaün - Publié dans : Compte rendu de l'Expé
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 14:48


Bonjou à tous,

Juste un petit mot  pour vous dire que Gilles, Frédéric et Vincent rentrent ce jeudi. Youppi!
Ils sont à Santiago depuis ce matin, après quelques jours dans la pampa Chilienne.

Au cours des prochains jours vous pourrez voir leurs photos.
Jean-Luc m'en a envoyé plusieurs mais je n'arrive pas à les mettre sur le blog...
Je laisserai cette "manip" au président!

Bye,
Julie

Par Ceux d'en haut - Publié dans : Carnet de route
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /Jan /2009 16:48

Bonjour à tous,

Jean-Luc est rentré en France il y a 3 jours. Voici son récit détaillé qu'il m'a envoyé par mail ce matin. J'ai fait un copier-coller.  Vous découvrirez certains détails qui ne m'ont pas été donnés pendant l'expédition et vous comprendrez pourquoi Frédéric avait volontairement omis de m'en informer.

Je comprends mieux les raisons qui l'ont motivé à ne pas faire la voie des Polonais...

A+
Julie

Voici le récit de Jean-Luc... à lire jusqu'à la fin!

Le 4 janvier
Ils sont à Plaza Argentina le camp de base et ils apprennent le décès d'un Andiniste sur le glacier des Polonais. A ce camp ils auront également une chute de neige à 4070m. Tout ce passe normalement si ce n'est qu'une période de mauvais temps s'installe sur la montagne. Nous continuons normalement le ravitaillement de nos camps 1 et 2.
 
Le dimanche 11 janvier
Nous démontons le camp 1 pour nous installer au camp 2. De là, nous pouvons espérer gravir le sommet. Nous avons eu une deuxième chute de neige. Au camp 2 nous apprenons le décès d'autres Andinistes sur le glacier des Polonais (ce qui fait déjà 3 morts) mais également de décès d'autres Andinistes sur la voie normale.
 
Le lundi 12 janvier  :
Demain une cordée tentera la voie des Polonais l'autre cordée la voie normale.
 
Le mardi 13 janvier :
Nous nous réveillons avec Vincent à 3 h du matin, nous partons 2 h plus tard dans le mauvais temps (vent, froid et des bourrasques de neige déplacées par le vent qui nous aveuglent). Vincent décide d'abandonner un peu plus loin. Je continue seul, doucement cherchant à progresser le plus possible sur les bandes de rochers noirs qu'il y a sur ma droite, mais le vent me bouscule sans cesse et la neige m'arrive en pleine figure, je serre les dents... Plus haut à environ 6100m (j'ai un altimètre) je mets mes crampons à l'abris du vent (cela me prend beaucoup de temps car mes doigts sont gelés et raides). La pente se redresse et je m'enfonce dans la neige jusqu'aux genoux, je poursuis mon chemin cherchant les traces de l'Andiniste qui a tenté sa chance la veille, mais je ne trouve rien le vent a tout effacé pendant la nuit. A 6200m les conditions au lieu de s'améliorer ne font qu'empirer. Je sens que mes doigts de pied (gelés précédemment en montagne)  me rappellent à l'ordre, le vent continue de m'infliger une belle correction A 6300 m je regarde le chemin que j'ai réussi à faire, l'heure, l'avancement par rapport à la course et surtout l'engagement (le danger) car il fait vraiment un sale temps et je suis vidé car je n'avance pas assez vite. Je me retourne, fais un trou dans la neige et interroge ma conscience : poursuivre serait sans nul doute de la folie A 30 ans je n'aurais surement pas hésité, à 44 la réflexion est tout autre! J'ai donc décidé de mettre mon orgueil de côté et je me suis dit qu'aujourd'hui la montagne ne veut pas être conquise et quoi qu'il arrive c'est elle qui mène la danse... J'ai donc plongé vers la descente (cela s'appelle la sagesse) Je retrouve Vincent au camp et Fred arrive un peu plus tard, lui aussi a souffert du froid. Il n'y a plus que Gilles en montagne et nous l'attendons avec anxiété. Quel soulagement de le voir revenir et en plus il a réussi le sommet par la voie normale. On est tous les 3 contents pour lui et on le félicite.
 
Le mercredi 14 janvier :
Nous repartons à 6h du mat avec Vincent par la traversée de la Falso de los Polocos. Après une heure de marche nous faisons une halte et nous convenons de monter chacun à notre rythme. Je sors la caméra de temps en temps et arrive au lieu-dit Indépendencia à 6450m (selon mon altimètre) c'et là que Fred a stoppé sa montée et a rebroussé chemin. Il y a toujours autant de vent et il fait froid, je mets mon masque pour me protéger et continue la longue traversée à l'ombre qui mène à la Canaleta. Au bout cela se redresse sur environ 300 mètres pur aboutir au sommet. Mon rythme diminue, mais ce n'est pas grave il vaut mieux alentir plutôt que de casser la mécanique. Ces moments là sont interminables et tu as l'impression de faire du surplace et le sommet te semble être une chimère. A 12 h j'arrive doucement au sommet et me retrouve effaré à croiser le regard éteint à jamais du pauvre malheureux endormi là quelques jours plus tôt pour l'éternité.. Après 23 ans de haute montagne c'est la première fois que je trouve un mort au sommet d'une montagne, bien que je fus prévenu puisque Gilles avait fait la veille la même macabre découverte. Aussi étrange que cela puisse paraître je ne m'apitoie pas sur son sort, sur cette vie qui n'est plus, et au contraire cela me ramène à la raison, à la dure réalité et mon instinct de survie m'ordonne de faire vite car à cette altitude tout peut arriver et le destin peut basculer d'un coup. Je prends donc quelques photos, je fais un bout de film de 4.30 minutes. 5 minutes plus tard balloté par le vent je m'en retourne sans regret, heureux d'y être arrivé et d'être en vie. Je croise Vincent plus bas lui donne à boire une boisson énergisante (car handicapé par le poids de son sac qui le retarde et l'épuise il l'a laissé plus bas et n'a rien à boire) et je l'encourage, lui dis de faire aussi vite que possible, de ne pas s'attarder au sommet afin d'éviter tout malaise. Je ne peux pas l'attendre car je risque d'avoir les mains et les pieds gelés car il fait trop froid et mes gants et chaussures ne sont pas au top pour ses conditions extrêmes. Il me faut perdre de l'altitude, je croise 3 autrichiens lourdement chargés je filme un peu à la descente et suis de retour au camp 2 à 14h15. Je ne suis pas encore complètement heureux car je m'inquiète pour Vincent, le voir revenir sera un grand soulagement.
 
le jeudi 15 janvier :  Nous démontons le camp, Fred et Gilles repartent à la descente vers Plaza Argentina le chemin que nous avions pris à l'aller tandis que Vincent et moi partons vers Plaza des Mulas chemin plus difficile car il y a un col à passer à 5970m pour sortir au camp dit Colera, cette montée sera très éprouvante car nous portons sur notre dos (pas de mules) plus de 30 kg chacun.  Nous dormons sous la tente dans ce camp d'altitude d'où l'on peut également accéder au camp supérieur pour tenter l'Aconcagua.
 
le vendredi 16 janvier : Nous repartons vers 11h du mat  avec moins de poids grâce aux mules (ouf!) notre dernière étape avant Mendoza fera 27 km d'une seule traite. Le soir nous dormons dans une auberge de jeunesse assez incroyable très rudimentaire (pas de contrôle Veritas ou Socotec ça c'est sûr!) sanitaires réduits au minimum humain!!! je ne la recommande pas...
 
Le samedi 17 janvier : nous arrivons en fin de soirée enfin à Mendoza très fatigués et heureux de retrouver un bon lit dans un petit hôtel sans prétention mais qui nous apparaissait comme un palace après les nuits sous la tente et la fameuse auberge de jeunesse.
 
le dimanche 18 janvier : nous retrouvons Fred et Gilles qui arrivent dans l'après-midi de Pointa del Inca. Le soir nous nous payons un bon restaurant de viande grillée nous discutons avec un groupe d'Australiens et de New Zélandais de retour du sommet eux aussi (eux l'ont gravi le 15 janvier) Ils nous apprennent que ce même jour un grimpeur après avoir fait le sommet alors qu'il redescendait s'est empalé sur son propre piolet et a eu le poumon perforé ce qui l'a tué. Dure réalité que ces expéditions à l'étranger où les moyens médicaux sont réduits au minimum.
 
le mardi 19 janvier : Fred, Vincent et Gilles me quittent et partent pour le CHILI, moi j'ai décidé de rentrer en France plus tôt car j'ai beaucoup de travail à rattraper. Je les vois s'éloigner dans leur taxi, c'est la fin pour moi d'une belle aventure. Je profite du temps qu'il me reste pour faire quelques présents à ma famille. Quand je rentre à hôtel pour ma dernière nuit la télévision est allumée : flash spécial gros coup de froid sur l'Aconcagua 150 personnes évacuées par hélicoptère et cinq morts. Si ces 5 derniers décès viennent s'ajouter aux 6 précédents (3 dans la voie normale et 3 dans la voie des polonais) cela fait beaucoup de pertes en très peu de temps. Alors partis à 4 et revenus à 4 sans égratignure nous pouvons dire que dans cette aventure les dieux de l'Aconcagua étaient avec nous.
 
Pour terminer un grand merci à Julie pour avoir rassuré ma famille au quotidien. Un immense merci à Fred, Gilles et Vincent pour m'avoir permis de profiter de leur logistique, et pour avoir partagé leurs tentes, leurs repas et le plus important leur amitié.
 
Sportivement à vous tous Jean-luc BREMOND dit le Brems
 
 
 
 
 
 
 
Par Ceux d'en haut - Publié dans : Carnet de route
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 16:35
Oups, j'ai fais une mauvaise manip, alors je recommence...

Bonjour a tous,

La famille, les amis et collègues,

Nous sommes depuis quelques jours au Chili. C' est un pays magnifique et plein de diversités. Nous pouvons nous y  reposer après cette extraordinaire expédition dans les Andes.

Je tiends à vous remercier tous pour avoir suivi notre grande aventure et notre victoire.
Merci aussi pour tous ces messages d'encouragements que nous avons reçus par sms ou mails. Un grand merci aussi à Julie, ma femme, d'avoir tenu ce blog et qui a su vous tenir en haleine!

L'objectif du sommet a été atteint par Gilles le 13 janvier, ainsi que par Vincent et Jean-Luc le 14. Pour ma part, je me suis arrêté a 6 400m. C'est une victoire personnelle et c'est aussi une victoire d' équipe grâce à laquelle  les couleurs de Bouygues immobilier  ont été portées jusqu' au 6 962 mètres qu'est ce sommet Américain.

Nous sommes restés 4 jours et 4 nuits au camp 2  situé à 5830 m. A cette altitude tout est plus difficile en raison des conditions de rusticité du campement. Même manger et s'habiller représentent un effort et toutes les volontés sont anihilées par le vent et le froid.  C 'est dans des conditions de vie comme celles-ci que l' esprit d'équipe prend tout son sens. Chacun de nous avait un rôle à jouer, et chacun l'a tenu. C'est grâce à cette synergie d'équipe que notre organisation a parfaitement fonctionnée.

Le defi de monter sur ce plus haut sommet des Ameriques, lequel est aussi la plus haute montagne au monde ne se trouvant pas sur la chaîne Hymalayenne, ne fut pas un mince challence. A notre retour, nous ferons une synthèse que nous vous partagerons.

L'Aconcagua, NOUS L'AVONS ATTEINT!

Merci à tout nos sponsors d 'avoir cru en nos capacités de les representer tout là haut... Ils font en quelque sorte partis de notre équipe. Avec nous, ils sont  "CEUX D' EN HAUT".

A bientôt et au plaisir de  vous montrer toutes nos photos et  de partager avec vous toutes ces  magnifiques images que nous avons encore dans nos têtes...

Le 25 anvier 2009

Frederic MASTRANGELO, Président
 "Ceux den Haut".



 


 
Par Ceux d'en haut - Publié dans : Carnet de route
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 21:54
Gilles au sommet
Gilles au sommet

Glacier des Polonais depuis le camp II, la traversée pour rejoindre la voie normale part dans la neige en bas à droite.

Levé de soleil au cours de l´ascension. Jean-Luc et Vincent dans leur petite maison jaune (tente 2 places).

Fred et moi dans notre palace (tente 3 places)


Camp I au petit matin après une chute de neige.
Par Ceux d'en haut
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 06:28
Bonjour ,

Ca y est, ils sont tous arrivés Mendoza.  Jean-Luc et Vincent sont rentrés samedi soir.  Après avoir fait plus de 27km avec plus de 34 kilos chacun sur le dos, et un sac de nourriture en bandoulière en plus pour Jean-luc, ils sont arrivés crevés.

Quant à Gilles et Frédéric qui avaient emprunté un autre chemin, ils sont arrivés hier soir après 9 heures de marche avec autant de kilos sur le dos. Pourquoi y'a pas de mules à la descente???  
Eux aussi, très fatigués mais heureux de retrouver le lit douillet de l'hôtel. C'est donc ce soir le repas "parilla" (plat gargantuesque de viande).

Ils repartent mardi en car pour se rendre à Saniago du Chili. De là, Gilles et Frédéric ont  l'intention de repartir vers le sud de l'Argentine dans un car-couchette (18 heures de trajet), pas forcément pour faire des sommets mais pour découvrir le sud du pays.  Je ne sais pas si Viencent et Jean-Luc les accompageront.

Voilà, c'est dernier blog

Peut-être à la prochaine aventure!

Julie

Par Ceux d'en haut - Publié dans : Carnet de route
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

C'est nous

  • Ceux d'en haut
  • Le blog de Ceux d'en haut
  • Nous sommes « ceux d’en haut », quatre compagnons qui veulent assouvir leur passion de sommets, et faire entendre les voix de la montagne.
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus